Réseau de Surveillance et Alerte Sismique  

En 1982, le Programme PAMERAR (Programme d'évaluation et d'atténuation des risques sismiques dans la région arabe) est adopté par le Conseil des Ministres Arabes de l’Habitat. Ce programme a été financé par le FADES (Fond Arabe de Développement Economique et Sociale) et implémenté par l’UNNESCO. La Maroc a été l’un des pays bénéficiaires de ce programme et a développé durant la période 1986-1993 un  réseau télémétré de surveillance sismique en temps réel (Figure 1).

Figure 1: Etat Actuel du Réseau National de Surveillance et d’Alerte Sismique 24/24 

Vu les performances qu’offre ce genre de réseau à la surveillance sismique en temps réel, et suite à l’instruction de la primature marocaine, le CNRST s’est vu confié dès 1993, la surveillance et l’alerte sismique du territoire nationale 24 Heures /24.

 Depuis cette date, en cas d’enregistrement d’une secousse sismique significative et selon une procédure établie avec les autorités chargées de la gestion du risque sismique, le staff chargé de la surveillance sismique communique dans l’heure qui suit l’enregistrement d’un tremblement de terre, communique une alerte sismique dans l’heure qui suit l’événement Au départ, ce service, communiquait des alertes sismiques vers 5 destinations. Depuis, régulièrement une quinzaine de destinations est ciblée. En cas de séisme important, l’alerte sismique concerne une trentaine voir d’avantage en fonction de la demande.

 A côté de ce réseau de sismographie, l’ING gère et exploite un réseau de 44 accélérographes installés essentiellement dans les grands barrages du pays.

 Ces efforts ont été reconnus par les organisations internationales : par l’UNESCO en 1995 et aussi par les Nations Unies. Les opérations surveillance et l’alerte sismique au Maroc, ont été choisies parmi les dix expériences réussies à travers le monde lors du forum de la Décennie Internationales des Catastrophes Naturels, organisé à Genève en 1999.

 

Depuis, en 2000, les efforts du Maroc en matière de surveillance et d’alerte sismique se sont poursuivis. Un renforcement et une l’extension du  sous-réseau sismique du Détroit ont été opérés pour les besoins notamment des études de faisabilité du Projet de la construction de la Liaison Fixe Afrique-Europe entre le Maroc et l’Espagne à travers le Détroit de Gibraltar (Figure 2).

 

     

 Figure 2 : Sous Réseau Sismique du Détroit

 Un peu plus tard, un nouveau sous-réseau de cinq stations sismiques télémétrées a été mis en place autour de la région d’Agadir, ce réseau est opérationnel depuis 2001, Ce qui porte le Réseau National à 7 sous réseaux sismique. (Figure 3).

 


Figure 3 : Sous réseau d'Agadir                                                              Station régionale                              
                                                                                         Installée au sein 
                                                                                        de la faculté des 
                                                                                        Sciences d’Agadir

 


 

A côté de la surveillance du territoire national, le Maroc participation depuis 1990 au réseau sismique Méditerranéen (MedNet Network) par la station (très large bande) VBB installée au départ à Midelt puis transférée à Rabat. Les capteurs de cette station ont été installés dans les conditions optimales sur la roche mère à six mètres de profondeur (Figure 4). Le Maroc a été également été impliqué officiellement dans le Système International de Surveillance (IMS) du Traité d’Interdictions Complète des Essais Nucléaires (CTBTO) depuis 2002 par l’installation à Midelt d’une station sismique auxiliaire  (AS 66) dont les capteurs sont installés dans une galerie de mine creux dans un socle schisteux.

 

 

 Figure 4: Station sismique très large bande (VBB) de Rabat : Réseau MedNet

 

En 2003, en collaboration avec l’Agence Nationale pour Conservation Foncière, du Cadastre et de la Cartographie, le CNRST a publiée une nouvelle carte de sismicité du Maroc et des régions limitrophes (à une échelle de 1 :500.000) couvrant plus d’un siècle de données de sismicité instrumentale de la région (Figure 5).

 

Figure 5: Nouvelle Carte sismique du Maroc (Période 1900-2001). Echèlle (1:1.500.000),

Iben Brahim and al., (2003)

 Avec le séisme d’Al Hociema 2004 de Magnitude 6.3, (Figure 6), les autorités marocaines ont chargé le CNRST de procéder au renouvellement du réseau sismique national et à son extension vers les zones non encore équipées jusqu’à présent.  Cette opportunité a été saisit pour acquérir des stations sismiques nouvelle génération dont les deux tiers sont des stations Large Bande (Broad Band : BB), des équipements V-SAT pour la transmission des données et un système d’exploitation performant permettant une localisation automatique des événements et des possibilités de diffusion de l’alerte en un temps très cours auprès des autorités, partenaires nationaux et internationaux. Ce système permet également d’échanges de données sismiques en temps réel avec les pays voisins. Dans une première étape des échanges sont déjà établis avec l’Italie, l’Espagne et le Portugal. 

Figure 6 : Séisme d’Al Hoceima (2004) Magnitude 6.3 

Ainsi une nouvelle configuration de ce nouveau réseau a été proposée aux autorités qui soutien fortement cette opération. Cette configuration observe une répartition de plus de stations sismiques (BB) sur les côtes marocaines pour les besoins de surveillance des zones tsunamigènes, des stations sismiques dans la partie orientale en prévision d’échange de données sismiques avec les partenaires régionaux  (Figure 7).

 

Figure 7: Nouvelle configuration du réseau national de surveillance et d’alerte sismique 24/24

 Actuellement, 50 nouveaux sites de stations sismiques sont programmés, dont les deux tiers sont déjà construites par les autorités locales, une dizaine en cours de qualification. Vingt nouvelles stations sont déjà opérationnelles.

 Comme un système de surveillance et d’alerte sismique 24/24, ne peut supporter une panne de transmission satellitaire, le CNRST a convaincu les autorités financières de louer deux segments sur deux satellites différents. Chaque segment supporte la moitié des stations sismiques de façon à ce qu’une région donnée, soit toujours sous surveillance sismique en temps réel. 


Sur le terrain les stations sismiques sont installées dans des abris conçus en deux niveaux, le capteur est placé sur le rocher creusé à au moins deux mètres de profondeur pour assurer un meilleur couplage capteur sismique – roche mère afin d’assurer une détection optimale des signaux sismiques (Figure 8).

 

Figure 8: Exemple de nouvelle station sismique installée à Oukaïmiden (Haut Atlas).

 Sur un autre plan, l’exposition sur deux façades maritimes, a fait que durant son histoire le Maroc a connu plusieurs séismes importants d’origine atlantique. Quelques uns de ces séismes ont causé des tsunamis plus ou moins importants. Le plus fort est celui de 1755, survenu suite au séisme de Lisbonne. L’occurrence de larges séismes dans la région ont fait l’objet d’un Workshop organisé à Marrakech en 2007 en collaboration avec la Commission Séismologique Européenne et des Partenaires régionaux.

  

Figure 9: Séismes Historique ayant généré des tsunamis au Maroc

(Kaabouben et al.(2009)

 Suite au tsunami de 2004 au Sud Est Asiatique, le CNRST a décidé de s’associer aux efforts nationaux et régionaux pour le développement d’une surveillance des niveaux marins en temps réel. 

Dans ce cadre, le CNRST a signé une convention de coopération avec la Direction des Ports et du Domaine Public Maritime pour la mise en place d’un premier marégraphe radar pour la surveillance en temps réel du niveau marin dans le port de Casablanca. Cette opération est effective depuis Aoûte 2009 (Figure 10)

 

Figure 10 : Installation et mise en service d’un nouveau marégraphe radar télémétré

au Port de Casablanca depuis Novembre 2009 

Dans une seconde étape, les deux institutions préparent actuellement  la remise à niveau de tous les marégraphes installées dans les ports marocains pour généraliser cette surveillance des niveaux marins en temps réel. La photographie ci-dessous, montre la visite et l’examen de la remise à niveau du marégraphe installé dans le port de Tanger (Figure 11).

 

Figure 11: Visite Commune ING-CNRST et DPDPM au Port de Tanger port,

pour étudier la possibilité de mise à niveau des marégraphes pour une transmission

des données en temps réel.

 Par ailleurs, dans le plan d’urgence (2009-2012) du ministère de l’Education national, de la Formations des cadres et de la Recherche Scientifique, le renforcement des capacités humaines et logistiques de l’Institut National de Géophysique relevant du CNRST est pris en considération.

 

Ce renforcement du potentiel humain et les capacités technologiques de l’ING dans le domaine de la sismologie est programmé en quatre phases :

Phase 1 : (en cours de réalisation)

Avec le soutien du Ministère de l’Intérieur et de l’Etat Major Général de la Gendarmerie Royale et de l’, l’ING est cours d’installer la première tranche d’équipements récemment acquise. Il s’agit d’une Centrale d’acquisition, de :

  • 20 stations sismiques large-bande ;
  • 11 stations sismiques numériques courtes périodes.

Phase 2 :

l’ING est également en cours d’acquisition d’une deuxième tranche d’équipements

  • 13 stations sismiques large-bande ;
  • 6  stations sismiques numériques courtes périodes trois composantes
  • 11 stations sismiques mobiles pour le suivi des répliques lors des crises sismiques ;
  • 40 accélérographes pour l’enregistrement des mouvements sismiques forts;
  • Une quinzaine de stations GPS à coupler avec les stations sismiques pour l’identification des zones de maximum de contraintes issues des déformations de la croûte terrestre pouvant révéler des zones de sources sismogènes ;
  • ainsi que des équipements de géophysique appliquée.

 Phase 3 :

Dans le cadre de sa contribution au système d’alerte contre les tsunamis prévue dans la région, le CNRST prépare la mise en place d’une surveillance en temps réel des niveaux de la mer sur les deux façades maritimes méditerranéenne et atlantique, dans l’objectif de la création et la mise en place au sein de l’ING d’un Centre National d’alerte contre les tsunamis (CNAT). 

 Phase 4 :

Aussi à la demande des autorités compétentes l’ING va être doté d’un Service National de données (NDC) pour la réception et le traitement des données sismiques internationales en relation avec le l’Organisation du Traité d’Interdiction Complète  des Essais Nucléaires (CTBTO).